Le doyen des poilus de la Grande Guerre s'éteint à l'âge de 111 ans

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LEMONDE.FR avec AFP | 10.11.06

Maurice Floquet, le 24 mars 2005 dans son domicile de Montauroux, dans le Var.
floquet

Le doyen des poilus français de la première guerre mondiale, Maurice Floquet, est décédé dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 novembre à l'âge de 111 ans. Alité depuis plusieurs jours au domicile de l'une de ses filles, il aurait fêté ses 112 ans à Noël. Depuis vingt-six ans, il vivait à Montauroux, village de l'arrière-pays varois.
Né le 25 décembre 1894, Maurice Floquet a été mobilisé en septembre 1914, à 19 ans, et incorporé au 26e régiment d'infanterie. Il a pris part aux premiers combats dans la Somme, où il a été blessé. Le 25 septembre 1915, il a été blessé une deuxième fois, lors d'une attaque dans la Marne. Grièvement touché à la tête et au bras gauche par des éclats de grenade, il a été trépané à deux reprises, y perdant l'usage d'une oreille et devant subir plusieurs greffes. Après une longue hospitalisation, il a terminé la guerre dans une usine d'armement à Sochaux, dans le Doubs.

Retourné à la vie civile en septembre 1919, il a exploité un garage en Haute-Marne jusqu'à sa retraite, en 1952. Il s'est ensuite installé dans le Var.

"IL N'A AUCUNE RANCŒUR"

Maurice Floquet a reçu les insignes d'officier le 24 mars 2005, quatre-vingt-sept ans après l'armistice. L'an passé, juste avant les cérémonies du 11-Novembre, sa fille Jeannine avait confié : "Il n'a aucune rancœur, je ne l'ai jamais entendu critiquer les Allemands." Depuis 2005, selon sa fille, il ne voulait "plus qu'on parle de lui" ni de la Grande Guerre.

La mémoire de Maurice Floquet donnera une forte charge émotionnelle aux cérémonies du 11-Novembre. Il ne reste désormais plus que quatre poilus en France. Le plus jeune d'entre eux, René Riffaud, 107 ans, sera présent sous l'Arc de triomphe à Paris aux côtés du président de la République, du premier ministre, de la ministre de la défense et du ministre délégué aux anciens combattants.

"Nous luttons pour continuer à transmettre la parole directe des poilus le plus longtemps possible, mais on ne se fait pas d'illusions, ce sera de plus en plus difficile", relève l'Office national des anciens combattants. Plus que quatre aujourd'hui, les poilus n'étaient déjà que 15 en vie en 2004, contre 36 en 2003, 68 en 2002 et 142 en 2000.