Des histoires à Parménie

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 Lexique d'après le Dictionnaire historique de la langue française Robert

schismatique: adjectif et nom qui désigne ceux qui se séparent, forment une dissidence. Les protestants furent parmi les 1 er et les plus connus des schismatiques de l'église catholique.

le schisme : nom qui signifie la séparation. Le grand schisme désigne la séparation de l'église romaine et de l'église grecque            orthodoxe en 862

un sectateur: nom qui désigne celui qui adhère à une doctrine ( le plus souvent religieuse) déjà formée; historiquement ce fut un synonyme de protestant et d'hérétique

 
« Une femme de Tullins s'étant rendue à Parménie pour se guérir d'un mal de dents, on la conduisit dans un lit très sombre et là on lui fit embrasser une relique qu'elle crût être le derrière d'un individu. » L'histoire de la secte de Parménie entre 1793 et 1828 nous est surtout connue par des anecdotes de ce type qui sont extraites de quelques ouvrages qui font l'histoire du site de même nom. A partir de quelques documents nouveaux ou redécouverts , nous allons reprendre la description de ce moment particulier de notre histoire locale.

Le site de Parménie est depuis le haut moyen âge empreint d'une aura spirituelle. Avant d'être le sanctuaire d'une secte, le prieuré avait connu ses heures de renommée avec la présence de la bienheureuse Béatrice d'Ornacieux, de Saint Jean-Baptiste de La Salle . En 1646 une bergère inspirée avait seule pris l'initiative de relever les ruines de l'ancien prieuré abandonné. Léo Burckard a présenté cette histoire à laquelle succédait une trentaine d'années de mascarades religieuses, menés avec lucre par un quatuor au début du XIX siècle. Un ouvrage du XIX, celui de Beaujoint sans aucune base scientifique et dont le but était uniquement polémique a été partiellement paraphrasé et recopié. Cet auteur ne prétendit- il pas citer la dernier phrase de Dubia moribond alors qu'il n'y avait pas de témoin ou nous raconter la première nuit de Dubia avec Thérèse X.. ! Alors qu'un prêtre lui proposait la confession puis l'extrême onction , Dubia aurait selon Beaujoint répondu: « J'en ai trop vendu pour y croire ».

 
L'escroquerie du sieur Dubia ne fait pas de doute. Le tribunal judiciaire de Saint Marcellin l'a condamné en mars 1829 et confirmé en appel la sentence en mai 1829. Il était accusé de captation d'héritage et d'avoir inventé une religion à son propre profit. L'avocat général Vincendon précise même qu'il a abusé de la superstition des mentalités rurales. Arrêt de la cour a une phrase admirable

« La liberté de conscience ne protège que les cultes professés de bonne foi ». Pourtant Il semble difficile de penser qu'une simple supercherie ait pu perdurer jusqu'à nos jours. Il est donc envisageable de faire l'histoire d'un groupe de sectataires schismatiques issus de ce « complot » , d' énoncer ce en quoi il croit et ce qu'il est devenu. S'il n'y avait eu qu'un seul délit pénal, le mouvement aurait dû s'éteindre avec la disparition des organisateurs du vol,; ce qui ne fut pas le cas.

En 1790 l'abbé Marion détenait des fonctions au prieuré de Parménie ; en effet il fait une démarche en vue d'obtenir le versement d'une rente perpétuelle instituée par la famille d'Orléans. Il l'encaisse le 26 mars 1791. On ignore ce qu'il fit ensuite. On dit qu'il accepta de prêter serment comme l'exigeait la constitution civile du clergé . Il est 1793 , il était prêtre à Saint Barthelemy de Faverges; il est arrêté et interrogé comme prêtre réfractaire . Ce serait pendant cette période trouble qu'il aurait trouvé refuge chez le sieur Dubia, marchand de vin à Lyon. Le 7 septembre 1793 il obtient un arrêt qui annule la vente du prieuré de Parménie au sieur Bret comme bien national et se le fait adjugé. C'est ainsi que commence la saga de « la secte des illuministes » ou « des marionistes » , « des puristes » encore dénommée « l'église des Saints » , voire « la petite église de Parménie ».

 L'abbé Marion recueillit très tôt deux femmes , l'une jeune , environ 16 ans native de Réaumont, Thérèse X.. et une autre Nanon Bonneton, plus agée, veuve de Joseph Bonnet, et qui serait native d'Eclose. Sur cette dernière , les informations sont contradictoires car elle est tantôt décrite comme une colporteuse, vendant onguents et amulettes, plantes médicinales etc..; tantôt comme une résidente de Charnécles. On la surnomma « sainte Nanon ou mère Nanon » On ignore qu