Huilerie

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mise à jour 29 décembre 2008

Voici  3 photographies de l'huilerie de Saint Gervais. Elle tombe en ruines et bientot il ne restera plus rien. Dommage .Avec Alain Schrambach , nous avions fait une couverture photographique amateur en 1999 et Alain avait rédigé une rapide notice. Nous avions écrit à la DRAC et au Musée dauphinois, plusieurs fois en 5 ans, pour leur suggérer une couverture photographique de ce moulin à huile de noix , complet dans son équipement et avec 2 rouets. Tant pis.

Sous les photographies, le texte et les schémas d'Alain Schramabach.

photographié en 2008

Ci dessous , des photographies prises en 1999














Le moulin à Huile : texte, schéma et photographies d'Alain Schrambach, ingénieur hydraulicien- 1999

version du 29/07/2000 , modifié 9/01/2004

                                                                                                            MOULIN A FARINE ET HUILERIE ROUX

St-GERVAIS-VILLAGE

 

ALAIN  SCHRAMBACH 

R. DURAND (de Biol)             LIONEL  FERRIERE                           

 

A-HISTORIQUE

 recherches non effectuées
âge approximatif des bâtiments : XIXe siècle
technologie des machines : années 1860 à 1890.
dernière utilisation : huilerie (d’après M. Gamet des Massons à Tullins)

 B-TECHNIQUE

 1- Bâtiments

 Il y a 4 corps de bâtiments :

            -celui avec les deux paires de meules, le gruoir-écraseur de noix, l’appareil de chauffage et la presse à huile de noix.

            -celui dont l’usage est inconnu (blutoirs ? Plansichter ?)

            -celui avec une roue hydraulique d’usage inconnu

            -un petit bâtiment détruit

 BATIMENT PRINCIPAL (A)
Bâtiment à 1 étage, 1 soupente et 1 sous sol.
Construction assez soignée avec des chainages d’angles en gros blocs calcaires à faces dressées.

 Sous sol : voûte en berceau très longue (orientée nord sud) et très large et hauteur d’un homme debout, avec  le rouet et la turbine. Galerie de fuite perpendiculaire à l’allongement de cette voûte. Galerie très basse (de l’ordre d’un mètre), très large, très longue puisqu’elle rejoint le lit du ruisseau en contre bas. 

 Rez de chaussée : pièce très vaste presque carrée (de l’ordre de 100 m2), avec une annexe permettant d’accéder au sous sol. Sur une plateforme : le gruoir/écraseur de noix. Avec des chassis en fonte moulée liaison moteur - meules (engrenage multiplicateur à dents en bois et corps en fonte moulée au sable, deux petits engrenages «débrayables» entrainant chacun une paire de meules.

 1er étage : avec les deux paires de meules complètes (meules, carter en bois, trémie) et une potence commune et centrale munie de son étrier pour retourner la meule courante. Les trémies étaient alimentées par des conduits en jute issus du 2 ème étage.

 2eme étage : non vu (fenêtres de faible hauteur au ras du toit).

 La façade le long de la route montre au centre et à gauche les ateliers et à droite l’habitation.

           

BATIMENT PLACE COTE OUEST (B)
En ruine, toiture en cours d’effondrement,  il comporte des restes d’équipements non identifiés (blutoir, Plansichter ?). Uniquement un rez  de chaussée avec une toiture à pan unique en voie d’effondrement.

BATIMENT COTE NORD (C)
En ruine (il ne reste que les murs) il est coté nord. Il comporte la chambre d’une roue hydraulique et à coté un engrenage multiplicateur. Probablement uniquement un rez de chaussée mais la toiture a disparu.

 BATIMENT D
Il y a le long du mur du bâtiment A entre le C et la route un pilier d’angle qui laisse supposer un bâtiment détruit. Fixées contre le mur commun du A il y a des poulies plates métalliques qui devaient être entrainées par l’engrenage multiplicateur de la roue hydraulique au dessus du C (les axes sont parallèles). Probablement uniquement un rez de chaussée.

 2-Réseau hydraulique

 
Examen partiel :

 -ouvrage de prise :

non recherché

 -canal d’amenée (du coté est des bâtiments B et C) :
il comporte juste en amont des bâtiments une chute de 1,6 m avec en haut un petit canal vers les 3 moteurs et en bas une canal de surverse pentu. D’après M. Gamet des Massons, le canal d’amenée était (et est ?) en chenaux de pierre (calcaire monolithique creusé en U) assemblés bout à bout.

 -canal de fuite :
il s'agit de la galerie de fuite voûtée et souterraine qui passe sous la route et rejoint le ruisseau.

 

3-Les moteurs hydrauliques
Du plus ancien au plus récent :

-Dans le bâtiment C : une roue hydraulique, du type au dessus, entierement métallique avec sa goulotte. Diamètre de l’ordre de 3 m. Il est probable que le canal de fuite de cette roue rejoint la voûte en berceau avec le rouet et la turbine.

-Sous le bâtiment A : un rouet entierement métallique en fonte moulée avec des palettes courbes rajoutées. Axe vertical. Diamètre : 2 m. L’axe du rouet est commun avec celui du gruoir-écraseur de noix. Il est calé très bas par rapport au sol de la chambre voûtée. Le chenau en bois alimentant le coté sud du rouet existe encore (radier de 25 cm, bords de 15 cm). Il traverse le bâtiment B.

La hauteur de chute totale et de l’ordre de 1,6 +1,0 = 2,6 m environ.

-Sous le bâtiment A : une turbine de type Girard ou de type Canson, à axe vertical. L'injecteur est simplifié comme sur une Canson. Calée bas également, le rotor de cette turbine est alimenté par une conduite en tôle roulée, rivetée qui débouche sur le rotor coté sud. Elle provient de la même direction que le chenau en bois du rouet. Il n’y a que (approximativement) le 1/5 du rotor qui est recouvert par l’admission (turbine à alimentation partielle). Diamètre de l’ordre de 1,3 à 1,5 m. Hauteur de chute de l’ordre de 2,6 m. Elle entraine (au moins) les deux paires de meules (et probablement les poulies en bois et les courroies plates).

La présence de poulies plates en bois (entrainant des courroies plates) impose une distribution de l’énergie dans l’atelier à partir de la turbine et/ou de moteurs électriques.

 

4-Mobilier industriel

Gruoir : le diamètre est supérieur à 2 m. Pierre monolithique calcaire. La raclette en bois (et double) existe encore ainsi que le meuleton unique entrainé directement par le rouet situé dessous (axe commun).

Appareil de chauffage des cerneaux de noix écrasées : chauffage au bois (fourneau bas) et au dessus (entrainement via les poulies plates) un système rotatif (petites palettes longuesde l’ordre de 20 cm et larges de 3 à 4 cm) pour malaxer la pate en cours de chauffe.

Presse : petite presse entièrement métallique pour extraire l’huile de noix.

Paires de meules : voir avant. Les carters en bois comportent une décoration en métal (plaques étroites et verticales). Meules à farine.

 L’ensemble de la technologie présente, date des années 1860-1890.